29.11.2006

Easy Living

Assis dans une petite chambre.
Billie Holliday grésille, s’entourant de son orchestre comme d’une douce et chaude écharpe.
La pénombre s’écoule sur les murs.
J’ouvre la fenêtre, enfile une polaire, roule un joint et je fume une nuit de novembre sans neige.
Une parenthèse de vie.

***

La cime des arbres décharnés est collée sur une couche de brouillard, fumée froide, grisâtre d’une ville éteinte.
Pas de ruelle brasier. Jamais.
Au dessus, dans le lointain, le ciel s’étire.
Il reste une fin de nuages en coquillage.
En dessous, les lampadaires sont des boules de noël dans une triste forêt.
Des guirlandes de voitures d’un autre temps.

***

Le crépuscule est le champ de bataille figé où se battent la nature et la ville pour nous éclairer.
Une histoire de musée.

***

Le cul de joint presque mort finit par la fenêtre, il vrille, en parabole.
Le disque s’arrête entendant son silence.
Un désagréable cri de métal produit par une clé et une serrure.
Le déclique d’une porte qui se laisse ouvrir.
Un lourd trousseau qui s’abat en sourdine.
Le filtre bricolé a touché le fond, entre les herbes mouillées.
La nuit est là.
La parenthèse éclate,
Comme une bulle de savon.