03.10.2006

Modern World

Je n’aime pas les préfaces.
Un livre, prose ou vers, c’est un texte autosuffisant, des mots qui se replient sur eux-mêmes en un cercle qui s’ouvre et qui se ferme. S’il nécessite une explication, c’est qu’une page lui a été arrachée, pliée en quatre, peut-être en huit, maintenant placée sous un pied de table, pour caler l’orgueil de l’écrivain.

Je veux être plus qu’un lecteur de livre.
Je veux être un lecteur de choses.
Les objets inanimés ont une mémoire. Ils enregistrent nos émotions, nos sentiments, notre vie, ils nous enregistrent.
S’il suffisait de les toucher pour les écouter.

La marche est une respiration quotidienne, une chambre de réflexion ambulante, une errance dirigée.
Le vélo conjugue la liberté de mouvement et la vitesse surhumaine, c’est un prolongement de notre être enivrant.
La voiture devrait être une longue évasion, une histoire qu’on se raconte et qu’on vit.
Le bateau, l’exotisme, un voyage sans lendemain, les îles hors du temps.
L’avion est mort. Il ne lui reste même plus les ailes de ses héros.
La soucoupe volante, un rêve, un espoir d’aventures comme autrefois.
Ralentissons.