17.05.2008
Nuh Build Great Man
De mon balcon, j'aperçois la carcasse d'un animal mourant, immobile, affalé de tout son corps. Sa chair calcaire, recouverte de fourrure verte, parsemée dans sa longueur de grises cicatrices, souvenirs des griffes humaines.
On dirait un vieux ver majestueux tout moisi.
Parfois, il me semble que son corps fatigué gonfle ses entrailles d'un dernier souffle, s'apprêtant à se relever, pour faire trembler la terre encore une fois et finir son voyage.
Et pourtant, depuis le temps que je la contemple cette montagne, rongée par la nature, elle devrait s'être enracinée pour de bon.
De mon balcon, j'aperçois la tombe d'une des premières occupantes de notre planète, ces reines qui vadrouillaient follement, fendant le ciel de leur sommet pour taquiner les étoiles, enfantant par leurs sillons ces frêles rivières, devenues d'impétueux fleuves.
Avec une vue pareille, je devrais peut-être faire réévaluer mon appartement.
22:00 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fantan Mojah, Jah Cure
08.05.2007
Flourescent Adolescent
La vie est un disque, mon cerveau une platine.
21:00 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : arctic monkeys
23.01.2007
Golden Skans
Les lacets détachés
Laissons les traîner.
Il continue de neiger sur nos corps
Sous les lampadaires allongés.
22:45 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Klaxons
05.11.2006
Behind Blue Eyes
Le ciel flambe.
Dilué, il s’éteint.
La bouteille d’encre vacille sur le bureau céleste.
Elle basculera à l’heure. Comme toujours.
Elle cogne sourdement contre le sol. Le bleu profond s’échappe lentement et commence à remplir l’espace.
Le ciel se noie, en silence.
Il se fracture en deux comme le rideau d’une scène pour laisser paraître ses étoiles.
Je pars et je reviens dans les innombrables morts du ciel.
Le ciel n’existe pas.
Et pourtant, il meurt d’une façon infinie.
Emmitouflés sur un banc rouge, ils regardaient le ciel sourire.
Attendri, il s’enfuit pour les laisser s’échanger un baiser.
Il faut être seul pour mourir avec le ciel.
20:20 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : écriture, The Who
02.11.2006
The Madcap Laughs
La pluie violette comme l’encre de nos plumes, quand elle tombe, s’oxyde à nos yeux et nous rend sa beauté incolore.
Debout, la plante des pieds sur le radiateur brûlant, le front collé contre la vitre glacée.
Je suis un homme à la fenêtre.
La bise est un baiser froid, un couteau sans lame sectionnant les bras tièdes du soleil.
Lorsque ils s’écrasent, ils déversent un torrent de sang qui parfois éclabousse la pointe fade de mes chaussures. Il n’y a pas de pont pour traverser ces fleuves. On reste sur la grève à se regarder dans les flots.
Alors, un frisson de fièvre me caresse.
Les ailes fines des papillons fragiles s’agitent et étincellent. A leur contact, les corps de lune prennent feu et explosent paisiblement, dégageant ainsi de la chaleur effervescente, une floraison d’énergie souriante, c’est une chimie du transport, une création artificielle du sublime.
Le soleil sera mort un moment.
21:55 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture, Syd Barrett, long gone