16.02.2009
Gift of gab
Je suis un fragment de météorite,
un bout de la carcasse d'un satellite,
j'erre dans l'espace, observateur inutile et fatigué,
attendant de disparaître, d'un coup de fuseau,
afin de traverser, éclatant, entre les mailles du filet de la vie.
22:42 Publié dans Le journal d'Edward Whymper | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : supreme lyricism
18.11.2008
Mudgreen
Un grand gros glaçon carré flotte sur une mer d'orge maltée.
17:17 Publié dans La main coupée | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : panacea
07.11.2008
Les mouches (pop song)
Les mots s'incarnent,
feux-follets comme pachydermes,
respirent le temps d'une lune
et se figent.
00:11 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : starfucker
10.06.2008
Liar game
Les chewing-gums fondent sur le goudron et s'accrochent aux semelles de pieds graciles - voyageurs irritants - à la recherche d'un monde meilleur sur le trottoir d'en face.
Dans la carcasse étouffante du tramway, la tête alourdie, noyée dans la chaleur inopinée, scellée sur un accoudoir inconfortable et miteux, un semblant de vie défile derrière les yeux endormis de ce monstre roulant.
Les comédiens se dévêtent, bourgeonnent ou se fanent.
Et fleurissent les âmes, presque.
16:00 Publié dans Feuilles volantes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : omer saar - green album
17.05.2008
Nuh Build Great Man
De mon balcon, j'aperçois la carcasse d'un animal mourant, immobile, affalé de tout son corps. Sa chair calcaire, recouverte de fourrure verte, parsemée dans sa longueur de grises cicatrices, souvenirs des griffes humaines.
On dirait un vieux ver majestueux tout moisi.
Parfois, il me semble que son corps fatigué gonfle ses entrailles d'un dernier souffle, s'apprêtant à se relever, pour faire trembler la terre encore une fois et finir son voyage.
Et pourtant, depuis le temps que je la contemple cette montagne, rongée par la nature, elle devrait s'être enracinée pour de bon.
De mon balcon, j'aperçois la tombe d'une des premières occupantes de notre planète, ces reines qui vadrouillaient follement, fendant le ciel de leur sommet pour taquiner les étoiles, enfantant par leurs sillons ces frêles rivières, devenues d'impétueux fleuves.
Avec une vue pareille, je devrais peut-être faire réévaluer mon appartement.
22:00 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fantan Mojah, Jah Cure