12.10.2009
Animal (mark ronson remix)
Tapazanov entra dans la salle de bain. Il regarda le lavabo. Il était suffisamment l'heure d'aller se coucher. Il regardait son lavabo en polyester et marbre reconstitué. Au lieu de prendre le tube de dentifrice, il pressa sur le loquet qui contrôlait l'évacuation et ouvrit le robinet. Il trempa deux doigts dans la petite marre. Trop tiède. Il augmenta jusqu'à sa limite le débit d'eau froide.
Il avait recréer une cascade dans son lavabo, mais il ne savait pas trop comment. Ces gestes simples, automatismes du quotidien, il ne pouvait les décrire, les expliquer précisément. Il plongea son visage dans l'eau, regarda au fond de son étang. Il n'y avait rien. Tapazanov était fatigué. Fatigué de l'hygiène du monde. Ce n'est pas qu'il aimait la crasse, mais il n'avait plus envie de se brosser les dents, il n'avait plus la force de prendre des douches, il ne voulait plus manger sainement. Le monde était sale, lui, il était trop propre. Il sentit l'écoulement de l'eau froide sur sa nuque.
Expira, ouvrit les yeux, cracha, releva le loquet et ferma le robinet. Il se regarda dans le miroir. Dégoulinant, les cheveux plaqués sur le front, il considérait sa bête figure, pendant que le siphon finissait d'avaler sa pitance. ll se sentait stupide d'avoir eu peur que le lavabo déborde; il aurait dû éponger le sol. Tapazanov eut l'impression de se trouver dans une salle d'autopsie comme il en avait vu à la télévision. Il se sécha, prit le dentifrice d'une main, sa brosse à dents de l'autre.
Couché, il programma son réveil avant de le déposer au pied du lit. Demain serait une longue journée.
01:48 Publié dans De minimis non curat vita | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : miike snow
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