10.10.2009

Empire state of mind

Tapozounov renifla. La fenêtre de sa chambre était pourtant bien fermée. Petite illusion. La vitre refroidit la paume de sa main. Il passa un doigt autour du cadre. Un filet d'air hivernal se faufilait ici et là entre les joints fatigués de la fenêtre.
Avec son index poussiéreux, il dessina un visage sur la vitre. En face des yeux, il regarda le frêle soleil atterrir sur le sol enneigé.

Il avait passé l'automne dans le brouillard, les arbres étaient maintenant plantés à l'envers. Il vit un ours avancer dans le jardin des voisins. Le plantigrade s'arrêta, leva la tête, sourit et le salua majestueusement de sa large patte. Il s'assit, vaporisant un peu de poudre blanche autour de lui. En tailleur, il entama un brin de conversation avec le bonhomme de neige des enfants. "J'attends avec impatience leur retour, cet après-midi, ils doivent m'apporter un nez et me donner une famille" semblait-il lui dire.

Avec sa manche, Tapozounov balaya la buée sur la vitre, l'ours était parti.

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