08.10.2009
Say Fiesta
Une fine couche d'argile recouvrait ses mains. Le visage légèrement crispé par l'effort inutile, il comprit qu'il n'avait aucune disposition pour la poterie.
Un ridicule tas de terre glaise gisait devant lui. Il l'avait trituré, malaxé, torturé, mais on extirpe rien du néant si on ne lui donne pas un peu de soi et manifestement, ce jour-là, il n'avait pas d'obole en poche. Il expira.
Dans le bus, il repensait à sa création: un vase d'inspiration chinoise.
"Un enfant de quatre ans m'a fait un plus joli presse-papier", avait-il lu sur le visage de l'animatrice du cours de poterie, lorsque le four avait recraché sa sculpture.
Un échec, encore.
Il n'y retournerait plus, comme il n'était plus retourné au cours de peinture, de poésie, de vidéo, de jardinage, de musique.
Une seule séance lui avait suffi à chaque fois. Il était sans talent.
Un môme brailla. Une poubelle devait digérer.
Déposé par le bus, Topazounov marcha, tête baissée. Las, ses pieds ne laissaient pas d'empreinte.
01:26 Publié dans De minimis non curat vita | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francois virot
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