16.11.2006

The Brainwasher

Je me suis assis sur mon lit.
J’avais le front brûlant, la cervelle qui bouillonnait.
Lorsque le monde fulgurant fut aspiré par mes yeux.
Comme une bête, la nuque emporta le reste de ma tête dans un mouvement de retrait.
Respiration bloquée.
L’univers se figea aux portes de mon âme et se remit en place.
Silence.

A l’instant, la canalisation de plastique qui amène mon sang jusqu’au cerveau s’est percée au niveau des tempes. J’entends le liquide chaud gicler sauvagement sur les façades de ma boîte crânienne, je sens ses crachats de haine qui s’écrasent et qui pénètrent la fine chair rose de mon esprit, le défigurant comme de vulgaires impacts de balles sur le mur d’un condamné.
C’est la pression de mon cœur qui me tue. Un ravalement de l’être, façon karsher sanguin.
Je tangue comme un tuyau d’arrosage.

La fumée de mes poumons remonta le long de ma gorge calcinée, s’enroula autour de ma moelle épinière et finit par se condenser au-dessus de mes circonvolutions tel un noir nuage.
Ayant pris l'aspect d’une fine tige d’argent, elle plongea à vif dans mon cerveau, jusqu’en son milieu. De la pointe se déployèrent trois palmes acérées formant une hélice.
La tige se mit à tourner, commença alors la grande charcuterie.

Sueur.
Il y a quelque chose dans la rue. Sale, habillé d’un lourd manteau d’immondices. Il tape du pied sur le bitume, furieusement, jusqu’à le fendre. Il m’appelle. Je tremble de la jambe. Je suis toujours assis au bord de mon lit. J’enfile mes chaussures, je pars.

Courir, la musique explosant les tympans.
Gueuler dans la nuit froide, la bouche ouverte expirant jusqu’au dernier souffle de vie, puis la respiration mécanique laissant pénétrer l’air glacé, subir le choc électrique qui nous ranime.
Le vent siffle entre mes crocs.

Commentaires

Décontextualisé - bureau, internet, propre, clair, pro, cliquetis de claviers - tiens, un post sur "Les Nuits Blanches" ? - Lire...

Et d'un coup sentir l'angoisse me nouer les tripes, plonger dans le gouffre, pris à la gorge - cauchemar éveillé, nauséeux - descendre au tout au fond d'une hallucination horrible, familière à en souffrir - et sentir comme une libération, physiquement, le "vent siffler sur mes crocs"...

Un moment rare - merci, Raskolnikov.

Ecrit par : You des Alpages | 16.11.2006

Ca c'est un putain de commentaire qui me fait putain de plaisir!
:)

Ecrit par : raskolnikov | 16.11.2006

j'ai suivi tes conseils, j'ai changé du tout au tout mes fréquentions.
j'ai rencontré un kilo de chocolat praliné à monoprix
nous vivons une passion dévorante...

Ecrit par : mathildel | 17.11.2006

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