14.11.2006
Supertaste
Journal de bord, 19 Juin 18**
Nous sommes arrivés, enfin.
Il m’a fallu plusieurs pages de brouillon pour structurer mes pensées, ivre des montées d’excitation qui me prenait la gorge.
Je ne vais pas m’étaler sur l’enfer que nous avons vécu jusqu’à présent, j’ai déjà noirci de trop nombreuses feuilles dans mon carnet depuis le début de notre voyage. La fièvre par laquelle nous sommes tous passés, les essaims de moustiques, l’humidité, les nuits sans sommeil, mais surtout, cette anxiété d’avoir emporter dans une funeste chimère ce groupe improbable d’ahuris chercheurs, de baroudeurs sauvages et de furieux rêveurs, tous ces cinglés – comme moi – qui au fil des épreuves sont devenus de véritables amis.
Cette peur qui me rongeait m’a finalement quitté ce matin, lorsque nos machettes ont percé l’épaisse carapace de la forêt et que nos sept têtes se sont serrées – la sueur collant la peau de nos visages pour ne former plus qu’une seule figure – juste pour voir, comme des gamins épiant l’interdit par un trou de serrure.
Cela dépassa toutes mes espérances.
Quelle joie, quelle joie, quelle joie !
Depuis notre arrivée, nous n’avons pas encore exploré sérieusement les alentours. Nos premières observations, devenues instinctives, ne nous ayant pas montré de réels dangers, nous avons monté le camp, tant nous avions besoin du délassement des héros et du repos des guerriers.
Il semblerait que nous nous trouvions sur un haut plateau, un peu comme sur un volcan bouché, incroyablement entouré de verdure. Je n’ai jamais vu ça.
Personne ne s’était aperçu que nous montions pendant tous ces jours de marche, certainement la fatigue. Depuis mes heures de délire dus à la maladie, je ne suis même pas sûr du mois ni du jour que nous vivons, malgré mes écritures journalières dans mon carnet.
Nous sommes en hauteur, et pourtant, nous ne pouvons plus voir en bas. A peine arrivés, un brouillard sans filtre avait recouvert la forêt d’où nous venions. Pour l’instant, l’inquiétude n’a encore gagné personne, bien que je me pose des questions. Nous sommes comme dans une bulle vitrée sans reflet, coupés du monde.
Je m’étonne de ne pas être terrifié par la description des lieux que je m’apprête à écrire. Quelqu’un de normal me prendrait pour un fou ou pour un mort, mais les autres n’ont pas l’air surpris par l’endroit. Il y a belle lurette que nous ne sommes plus normaux. Pourtant, je suis serein, apaisé, je me sens protégé des horreurs du monde.
Ici, l’atmosphère est rose.
Le reste, enrobé de pastel.
Désert lunaire,
Oasis de vanille.
Une vaste confiserie stellaire.
La gravité est faible.
Tout est ralenti. Ma montre s’est arrêtée.
Dans une grande cuve, on a fondu le jour et la nuit.
La nature est sucrerie.
Sous les arbres en pain d’épices, au bord des cascades de sirop, nous mangeons des cœurs d’or et fumons des sucres d’orge.
Le silence est rare, nous entendons de doux rires féminins, comme si, buvant du champagne, de charmantes demoiselles trempaient leurs orteils dans un lac de chocolat tiède.
Je suis sous ma tente, je n’ai pas soif, je n’ai pas faim.
Sommes nous arrivés ce matin ?
J’entends un chant.
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La vie en sauce.
Chocolat.
Coke & cigarettes. »
23:15 Publié dans Symphonicides | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, musique, Supertaste, Jardin des planètes, supermariobros 2
Commentaires
Je ne suis pas sûr des paroles du refrain. Si vous comprenez quelque chose d'autre que "la vie en sauce", je vous serais reconnaissant de me prévenir.
Ecrit par : raskolnikov | 14.11.2006
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