05.11.2006
Behind Blue Eyes
Le ciel flambe.
Dilué, il s’éteint.
La bouteille d’encre vacille sur le bureau céleste.
Elle basculera à l’heure. Comme toujours.
Elle cogne sourdement contre le sol. Le bleu profond s’échappe lentement et commence à remplir l’espace.
Le ciel se noie, en silence.
Il se fracture en deux comme le rideau d’une scène pour laisser paraître ses étoiles.
Je pars et je reviens dans les innombrables morts du ciel.
Le ciel n’existe pas.
Et pourtant, il meurt d’une façon infinie.
Emmitouflés sur un banc rouge, ils regardaient le ciel sourire.
Attendri, il s’enfuit pour les laisser s’échanger un baiser.
Il faut être seul pour mourir avec le ciel.
20:20 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : écriture, The Who
Commentaires
et seul, l'es-tu ? A vélo ou à la fenêtre, au crépuscule comme dans les trams, il faut être seul pour écrire comme tu le fais...
Ecrit par : Fleur | 06.11.2006
En sourdine, dans l'arrière-fond, à cause du titredu billet, les Who: No one knows what its like / To be the bad man / To be the sad man / Behind blue eyes...
Ecrit par : Kate | 06.11.2006
Je crois, sans certitude, qu'au final, nous sommes toujours seuls.
Etre avec quelqu'un, ce n'est pas partager un moment, c'est le vivre d'une autre solitude. Peut-être parce que je n'ai encore jamais vu avec quatre yeux et entendu avec quatre oreilles.
Ecrit par : raskolnikov | 07.11.2006
Naïvement, je pense encore que nous recherchons, (pour ma part que j'attends) notre "moitié" (qui n'existe certainement pas). Toujours est-il qu'une fois complet, le reste, la nature, l'extérieur est sublimé au point de brûler et nous, nous ne voyons rien. Alors, à nouveau séparé, il s'agit de retrouver sa dose, comme un chien bavant, ce qui n'arrive que rarement des années plus tard, jamais aussi fort, ou pas du tout, ainsi, pendant ces années de "solitude" nous (je) nous époumonons à reconstruire l'extérieur brûlé, par substitution.
Ecrit par : Chinaski | 07.11.2006
Je suis, moi aussi, plus optimiste...
il est certain que d'un côté nous sommes seuls, enfermés dans notre enveloppe charnelle.
Mais jouons avec les mots..."enveloppe" charnelle, dit-on, mais cette enveloppe, on l'envoie vers l'autre...c'est comme ca qu'on va vers les autres, et qu'on échappe à la solitude...
Ecrit par : petiteplumesauvage | 07.11.2006
Le ciel flambe
Le ciel n'existe pas
Le ciel endetté.
Ecrit par : Le garde-mots | 08.11.2006
Une version bien jolie et pleine de talent de pierrot la lune!
Ecrit par : pierrot | 13.11.2006
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