27.09.2006
L'illusion comique
Déjà enfant, j’aimais vivre dans les rêves.
J’aurais voulu les faire naître chaque soir, juste avant la survenue du sommeil. J’essayais de visualiser un début d'histoire, de créer un guide onirique, un « on dirait que » ressassé nuit après nuit. Ce voyage auquel je me préparais, c’était une évasion, comme un livre éveillé, l’aventure était une finalité en elle-même, il n’y avait pas de trésor à découvrir, pas de refuge à construire. Evidemment rechercher la clef des songes ne faisait que resserrer ma camisole de tissus. Mais parfois, j'arrivais à limer les barreaux de mon lit, délaissant le poids de mes draps de fer, je me retrouvais ailleurs. C’est un instant particulièrement exaltant de se savoir en plein rêve, de s’en rendre compte, sans avoir la maîtrise sur les choses et sur les personnes, de ne pas pouvoir décider, ni prévoir ce qu’il va se passer, vivre pleinement une autre réalité, alors qu’on se trouve dans sa propre tête. Ce moment d’illumination, lorsque un acteur raté rencontre le metteur en scène de sa vie, lorsqu’ils se dévisagent puis jouent pour leur unique spectateur qui toujours resquille, c’est l’apogée du rêve, l’annonce que le train de la nuit revient en gare.
Toute drogue est le wagon d’une montagne russe, mais parfois, il y a un trou entre les rails de la descente et celles de l’arrivée.
Alors, pour certain, il n’y a pas de réveil.
22:30 Publié dans Le journal d'Edward Whymper | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : corneille, théâtre, la science des rêves
Commentaires
J’aime bien l’idée d’une perte de prise sur la réalité, d’une situation dans laquelle les évènements se déroulent sans nous, manière de lâcher prise, de se laisser « vivre », de faire enfin partie des contingences.
Ecrit par : metalogos | 28.09.2006
Beau rapprochement...beau texte aussi.
Effrayant tout de même qu'il nous faille user de substanceS pour essayer de retrouver notre liberté, si onirique soit elle.
Ecrit par : Ash | 28.09.2006
quelle est la couleur de ce mot: vert (normalement écrit en rouge, mais le html ne fonctionne pas dans les commentaires...)?
- rouge
- vert
Une personne négligente (comme si le côté gauche n'existait pas) et son médecin.
Le doc lui présente une feuille avec deux maisons, une en haut de la feuille, l'autre en dessous.
Celle du haut a la partie gauche en feu, sinon elles sont semblables.
Le doc: quelles sont les différences entre ces deux maisons?
Le patient: aucune.
Le doc: dans quelle maison voudriez-vous habiter?
Le patient: celle du bas.
Un patient dont les deux hémisphères cérébraux ne sont plus reliés.
Le doc présente à l'hémisphère droit le mot "marcher".
Le patient se lève et commence à marcher.
Le doc arrête l'expèrience et demande: "mais pourquoi marchez-vous?".
Le patient répond:" j'avais soif, il fallait absolument que j'aie m'acheter un coca".
Tout cela pour illustrer les théories du "nouvel inconscient" de Lionel Naccache. Je viens d'entendre ce dernier dans une emission télé raconter ces exemples passionants pour expliquer ce que la science a découvert sur l'inconscient.
Ce ne serait pas une zône spécifique du cerveau, il serait plutôt un peu partout et serait toujours en intérférence avec le conscient.
Très intéressant.
Ecrit par : raskolnikov | 01.10.2006
Ecrire un commentaire