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24.09.2006
Going to where the tea trees are
Au bord du pont suspendu, au bout de son inachèvement,
Une porte dans le vide, la tombée morne de la vie.
Derrière la fenêtre griffée de pluie, dans ce carré clair bientôt obscurci, le mécanicien vient de s’asseoir, il baille, épuisé.
De son moelleux de cuir, il vagabonde dans le parc de l’asile, adressant son mécontentement aux grands feuillus d’automne, à l’abri sous leurs branches vermeilles.
Il a trop de gonds à huiler, trop de portails en fer forgé à entretenir et puis toutes ces fleurs à arroser, ça prend du temps. Il faudrait un jardinier pour bichonner la pelouse, pour soigner les chênes centenaires. Il n’est plus tout jeune et malgré sa bonne santé, son dos se plaint d’être si souvent courbé et finalement, oui finalement, si on y pense, il n’a jamais été formé pour ça, il n’a jamais vraiment appris. Un jour, on lui a juste demandé s'il avait la main verte. Il n'en savait rien, lui.
On a cru à un silence qualifié.
A ces mots accoutumés, les arbres agitent leurs brindilles en guise d’acquiescement et accompagnant le départ du vieillard détachent quelques feuilles d’amitié.
De retour, le mécanicien enlève sa casquette détrempée, passe sa vieille pogne dans ses quelques cheveux blancs, allume la petite lampe de la commode et se lève, s’extirpant avec peine de son fauteuil, grommelant d’un souffle court. Déposée sous la fenêtre, il prend dans ses mains noueuses une grande clef en argent, puis se dirige vers la cuisine. Là, entre le four et le congélateur, une serrure démesurée décore le mur blanc comme un trompe-l’œil. Profitant de votre étonnement, il y glisse tranquillement la clef. De toutes ses forces, serrant les dents, il la tourne lentement, et dans un grincement, il relève la nuit, petit à petit.
18:20 Publié dans Feuilles volantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, peter von poehl, géant vert