17.05.2008
Nuh Build Great Man
De mon balcon, j'aperçois la carcasse d'un animal mourant, immobile, affalé de tout son corps. Sa chair calcaire, recouverte de fourrure verte, parsemée dans sa longueur de grises cicatrices, souvenirs des griffes humaines.
On dirait un vieux ver majestueux tout moisi.
Parfois, il me semble que son corps fatigué gonfle ses entrailles d'un dernier souffle, s'apprêtant à se relever, pour faire trembler la terre encore une fois et finir son voyage.
Et pourtant, depuis le temps que je la contemple cette montagne, rongée par la nature, elle doit s'être enracinée pour de bon.
De mon balcon, j'aperçois la tombe d'une des premières occupantes de notre planète, ces reines qui vadrouillaient follement, fendant le ciel de leur sommet pour taquiner les étoiles, enfantant par leurs sillons ces frêles rivières, devenues d'impétueux fleuves.
Avec une vue pareille, je devrais peut-être faire réévaluer mon appartement.
10:40 Publié dans Les Chantiers orientaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fantan Mojah, Jah Cure
04.03.2008
Why can't we be friends
Nos actes ont peut-être du sens, non pas en raison de la finalité de leur destination, mais en raison de l'investissement total - d'une intensité propre à chacun - en vue de leur réalisation.
20:15 Publié dans Feuilles volantes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : war
28.01.2008
Crucial
Le corps chargé d'émotions,
au contact des souvenirs naissant, de l'amertume de ces instants
– hors de –
gaspillés, vécus, en retrait, à moitié.
L'esprit vide et trop heureux se prescrit sa dose mélancolique – on pleure comme les morts; sans larmes.
On plane à l'écoute des dernières heures enregistrées, qui se désagrègent à force d'être rembobinées.
Angoisse d'une relecture vierge.
L' impression que la main d'une vie possible s'est enfoncée par notre bouche jusqu'aux intestins, qu'elle nous a retourné de l'intérieur comme une vulgaire chaussette,
Nos organes exposés sans défense aux fureurs humaines,
nul refuge pour nous protéger, nul souterain pour y enfermer encore une fois notre coeur, nul labyrinthe pour le cacher.
Cette pierre rouge sang, caressant le monde, dénudant nos sentiments et souriant sous la pluie des flèches enflammées de nos bourreaux,
Pour nous transformer en ce papillon électrique et éphémère.
En se réveillant, ce n'est plus qu'un rêve mort-né.
20:45 Publié dans Le journal d'Edward Whymper | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : K-Os
18.11.2007
Vampire Weekend
Je vis maigrement de joies sans cause.
20:50 Publié dans La main coupée | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.10.2007
track 04
« Je suis peut-être le seul homme au monde qui sache que ces personnes ont existé. Vingt fois, depuis cette époque, j'ai fait la même observation; vingt fois des sociétés se sont formées et dissoutes autour de moi. Cette impossibilité de durée et de longueur dans les liaisons humaines, cet oublie profond qui nous suit, cet invincible silence qui s'empare de notre tombe et s'étend de là sur notre maison, me ramènent sans cesse à la nécessité de l'isolement. Toute main est bonne pour nous donner le verre d'eau dont nous pouvons avoir besoin dans la fièvre de la mort. Ah! Qu'elle ne nous soit pas trop chère! car comment abandonner sans désespoir la main que l'on a couverte de baisers et que l'on voudrait tenir éternellement sur son coeur? »
Chateaubriand (Mémoire d'outre-tombe)
21:20 Publié dans Ce que mangent les cancrelats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 9th Wonder & Pete Rock