08/05/2014

Step

Le lecteur vidéo de mon ordinateur s'enclencha, rassemblant son courage, extirpant toutes les dernières forces que détenait ce vieil assemblage de pièces électroniques et plastiques tachetées des miettes de nourritures d'un autre âge et collantes des torrents de boissons sucrées égarées qui le composaient.

Il souffla apaisé crachotant de poussière.

Hank Moody apparu, sobre cabotin, prêt à tirer toutes les ficelles destructrices aux fins de ressentir la vie par l’œil compatissant et aimant de ses pairs.

Lorsqu'il eut fini son numéro de charmeur juvénile et qu'il expira la fumée verte, rivière folle s'évaporant entre ses lèvres, je ressentis, inhalant la fumée de ma propre cigarette, séparé par cet écran que l'on ne peut pas toucher, si loin et si proche, le goût de ma jeunesse.

Le cerveau, ce puissant organe, dévoilé de ses secrets, perdant le charme de son mystère, de ses pouvoirs, imaginaires, créateurs, un peu plus chaque jour par la science.

Que sera l'humanité une fois le doute heureux, mère de bien des mots, de notre perception ou non perception, démontré.

08/08/2012

Malaguena salerosa

Je les ai longtemps regarder, les hommes, persuadé de les avoir saisi pour finalement les mépriser.

Sûr de n'avoir plus rien à découvrir du monde, d'avoir déjà fait le tour, comme si j'étais le seul ayant compris la vacuité de la vie.

La curiosité m'avait abandonné.

Apprendre, le comblement risible d'une fosse, tel un collectionneur obsessionnel de papillons séchés.

Comme si j'étais le seul, immobile, à attendre, sans m'agiter bêtement, entravé dans cette toile d'araignée; lucide, à garder mon énergie pour caresser les beaux instants.

Je ricanais doucement alors qu'ils essayaient de jongler avec leur vie, assis sur le bord, oisif, la mienne posée tranquillement à mes côtés.

On me démasque, je me lève, somnolant, marchant un pas dans leur monde, un pas dans le mien, et me rassois.

La clarté du raisonnement, les certitudes jamais acquises, tout s’érode, tout se dissout.

Rebâtir à nouveau le château de sable de notre pensée.

 

 

18/07/2012

Devil in a suit

Dans mon cas, j'aimerais écrire un livre se traduit par être publié, être reconnu unanimement par la critique et le public, être vendu mondialement, gagner beaucoup d'argent et arrêter mon travail instatisfaisant.

Mais pour faire quoi? En tout cas pas écrire, je n'ai rien à dire.

 

Overtime riddim

C’était ce genre de journées qui ne servent à rien.

Les heures d’attente qui s’égrainent délavant le sens de toutes activités jusqu’à en nier leur fonction de comblement insipide.

Il faut attendre sans rien commencer, ne pas quitter les lieux, ne pas mettre en retard le départ.

Vautré sur le canapé, même les programmes de télévision, d’habitude propices à la non-réflexion, ne parviennent à vider le temps de sa substance.

Consulter l’horloge de son téléphone portable, vérifications mentales des bagages, quelques pas, ouvrir, refermer, amener la valise jusqu’à la porte d’entrée de l’appartement, se regarder dans une glace, quelques pas, manger, se rallonger sur le canapé, ne pas vouloir sortir l’ordinateur portable de la valise, changer de programme télévisuel, consulter l’horloge de son téléphone portable, suer légèrement, râle intérieur.

Enfin, la serrure grince, les oreilles se redressent, le corps se fige et lorsque le bruit de la porte se refermant lourdement nous parvient, on s’affole.

L’attente est terminée.

Il est arrivé.

Tout est prêt pour le départ.

On part.

 

31/01/2011

Digestion

Celui qui ne s'ennuie pas de ses pensées et qui est capable de les dompter pour en extraire plus qu'un maigre jus insipide.

Celui qui s'aveugle devant l'effort, poursuit la justesse pour présenter ce qui ne peut être ri, ce qui ne peut être pleuré et nous le rendre.

Celui qui, malgré les illusions joue.

Celui qui ne se perd pas.

Celui qui.

Celui.

Ce.

C.

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